LITTLE BIG HORN (Partie 1)
LITTLE BIG HORN
Les guerriers sioux lui avaient permis de s’approcher du village, mais les indiens avaient la supériorité numérique. Les cadavres des hommes de Custer étaient éparpillés dans toute la campagne avoisinante ; C’était un récit effarant, tellement effarant que celui auquel nous nous attendions ! »263 soldats américains périrent à la bataille de Little Big Horn Pour la plupart des fils de fermiers et des immigrants, partis loin de leur foyer pour faire leur devoir, à la conquête des plaines de l’Ouest.
Pour des générations d’américains, ces hommes furent des héros et donnèrent leur vie sous les ordres d’un grand militaire, le Général Custer ! Mais pour les indiens d’Amérique qui évoquent la bataille dans leur chants et leur histoire et leur art pictural, cette épopée à une signification toute différente « l’indien était en travers du chemin du progrès, nous étions un obstacle au projet et à la nation, et en tant que tel, il fallait nous supprimer » « ces terres appartenaient jadis aux Kiowas et aux Crow, mais nous les avons chassé de ce pays, nous avons aussi fait comme l’homme blanc quand il s’empare des terres indiennes » Elan Noir- lakota.
Au début, seuls quelques blancs s’aventuraient à l’ouest, mais bientôt des milliers d’autres leur emboîtaient le pas et les tribus s’en rendirent compte.
Joseph MedicineCrow- Crow : « en cette époque vivait un grand chef du nom de Cheval Tadute, un grand chef, il eut une vision, une information spirituelle, lui annonçant que de plus en plus d’yeux blancs allaient venir dans le pays Crow. Les blancs étaient nombreux là où ils habitaient de l’autre côté de la grande étendue d’eau, en Europe, et ils allaient venir. Ils étaient comme les fourmis sur le sol, ils sont là, vous donnez un coup de pied, vous les piétinez, mais il en vient toujours d’autres, c’est ainsi que cela allait se passer » « je n’avais jamais vu de wachichus, de blancs, et je n’avais jamais vu à quoi ils ressemblaient, et tout le monde disait que les wachichus arrivaient et qu’ils allaient nous prendre notre pays ; Je me souviens avoir demandé une fois à mon grand père : qu’est-ce que cela signifie ? – ils sont innombrable ! » Elan Noir Lakota.
La route vers Little Big Horn avait commencé dans l’Est, dans les années 1860, les immigrants débarquaient par milliers dans le port de New- York, il en arrivait chaque année plus qu’il y a d’indiens dans les plaines du Nord, plus d’un million de personne s’entassait dans la ville. Mais l’emploi est rare et beaucoup songent à l’Ouest. Parmi eux, un jeune immigrant allemand Charles Windolph ; « mon père s’appelait Charles Windolph, il a été le dernier survivant de l’expédition de Custer, il est mort en 19050 » Iréne Fehliman.
A l’age de 18 ans, Windolph s’est embarqué vers l’Amérique pour éviter d’être enrôlé par l’armée prussienne : « j’étais sûrement le plus mal dégrossi ayant jamais débarqué à NY, je connaissais qu’une dizaine de mots d’anglais, ne possédant en tout et pour tout que 2,50 dollars, ce qui m’a poussé à m’engager dans l’armée pour apprendre l’anglais ».
Les riches américains lorgnaient aussi sur l’Ouest et ses immenses ressources. Ils commencent à construire des voies de chemin de fer, tandis que les journaux construisent l’image de l’Ouest « terre d’aventures et de promesses ». Au même moment, la bonne société New-yorkaise accueille un jeune héros de guerre ambitieux George Amstrong Custer : « ma chère Elisabeth, comme nous sommes dimanche, je ne me suis pas consacré aux affaires, j’ai préféré faire la grasse matinée ; à trois, nous avons sillonné Broadway en calèche décapotée, les gens de NY sont si gentils avec moi que j’aimerais y faire fortune » Custer est sorti dernier de sa promotion à West Point.. mais ses charges de cavalerie lors de la guerre de sécession lui permis de décrocher ses étoiles de général à 23 ans ! champion des relations publiques, il alimente régulièrement la chronique, et les journalistes l’ont baptisé « le général enfant aux boucles blondes ». Une fois la guerre terminée, l’Ouest était le lieu idéal pour un jeune officier assoiffé de fortune et de carrière ! Richard Slotkin , historien : « Custer a été un des nombreux officiers qui se sont servi de leur affectation dans l’ouest pour se tailler une belle part du gâteau ; Il a par exemple usé de sa réputation pour vendre des actions de mines d’argent du Colorado, à Auguste Belmont et à ses amis banquiers, et il a empoché la plupart des revenus ! il a également passé un accord avec une société pour vendre des fers à cheval à la cavalerie, alors que même les vendeurs reconnaissaient que leur produit ne valait pas grand chose ! »
La découverte de filon d’or fait déferler des hordes d’hommes blancs à travers le territoire Lakota (frontière du Wyoming et du Montana). La piste Bozeman qui mène au Montana traverse les zones de chasse des indiens, et dès 1866, 10 000 mineurs grouillent dans les collines autour de Virginia city, ils viennent de partout et beaucoup sont décidés à s’installer définitivement.


Commentaires