LITTLE BIG HORN (Partie 2)

Paul Hutton, Historien : «  quand les blancs sont arrivés dans l’ouest, ils ont vu des collines qui étaient des mines d’or potentielles et des forets riches de bois à exploiter, des vallées bien irriguées pour le maïs et le blé, les étendues étaient vides et ne demandaient qu’à être remplies ! il n’y avait personne, en tout cas, personne pour exploiter cette terre comme elle l’aurait due être, alors, ils l’ont prise ! »

Johnson Holy Rock, Lakota, fils d’un survivant du combat : «  on encourageait les immigrants à aller dans l’Ouest, on leur parlait de découverte d’or et de tout ce qui pouvait les pousser à partir ; Mais on leur a jamais dit qu’ils allaient se heurter à des gens qui occupaient déjà ces terres ! on leur a dit : - c’est à nous, vous pouvez y aller-  et ce n’était pas vrai ! »

A 4 contre 1, les lakotas sont submergés, leur territoire se réduit comme une peau de chagrin. Nuage Rouge, un chef de guerre Lakota, entre dans une colère terrible lorqu’il découvre que les blancs bâtissent des forts pour protéger la piste Bozeman « je ne voulais pas de ce qui est advenu à mon pays, les blancs m’ont cerné et ne m’ont rien laissé d’autre qu’une île ; Jadis quand nous sommes venus dans ce pays, nous étions forts, aujourd’hui, nous fondons comme neige sur les flancs des collines, tandis que les blancs poussent comme l’herbe verte du printemps »

Les guerriers de Nuage Rouge et leurs amis Cheyennes sont résolus à mettre un terme à cette invasion. Et bientôt les journaux rapportent que seules les caravanes bien défendues peuvent franchir leur barrage

Au cours de ces embuscades, un jeune fermier du nom de Bill Thomas et son jeune fils de 7 ans décident de prendre la route du Montana : «  3 août, à environ 800 mètres du camp, nous avons trouvé une fosse avec les corps de 5 hommes tués quelques jours plus tôt par des indiens ; En passant à coté, j’ai pu voir que les loups avaient creusé la tombe pour se nourrir des cadavres ; Les hommes ici sont tellement dépravés qu’ils n’accordent aux morts une sépulture digne de ce nom et les abandonnent aux bêtes sauvages qui souvent s’en nourrissent »

Thomas et son fils sont retrouvés une semaine plus tard sur les bord de la rivière Yellow Stone, leurs corps sont entourés de flèches et le journal de thomas à ses cotés.

Durant l’hiver 1866, Lakotas et Cheyennes attaquent les troupes de l’armée des US, le capitaine William Federman qui se vantait de pouvoir exterminer toute la nation Sioux avec une seule compagnie, est pris en embuscade et tué ainsi que ses 80 soldats. L’un de ceux qui ont attirés ces soldats vers leur perte est un jeune guerrier Lakota du nom de Cheval Fou.

Cheval Fou a toujours refusé de se laisser prendre en photo, les images de lui se trouvent dans les livres d’art indien et à travers les récits : « on raconte qu’il pouvait galoper devant une rangée de soldats sans qu’aucune balle ne l’atteigne ; Il faisait trois passages, après quoi il appelait ses guerriers en disant «  vous voyez ! ils ne m’ont pas abattu, je ne suis pas blessé, on va charger ! » »

Cheval Fou est sensé être né près de la colline nue, site sacré des collines noires. Enfant, il avait été doux et renfermé, mais à l’age adulte, il s’était avéré un redoutable guerrier que son peuple n’allait pas tarder à considérer comme son sauveur.

Une fois la piste Bozeman fermée par les Lakotas, 4 généraux et 1 sénateur prennent la route de l’ouest pour négocier. Le traité de Larami concède aux Lakotas une large portion de territoire qui englobe la cité des collines noires ; Pendant un temps les blancs devront arrêter de sillonner les plaines Nord .Mais le responsable de la commission de paix, le Général William Tecumseh Shuman  (sans doute un sang mêlé…)pressent que cette paix est temporaire : « les blancs sont de plus en plus nombreux et de plus en plus en plus puissants et s’ils décident de s’abattrent sur ces plaines comme des hordes de criquets, ils vous tueront tous ! Nous sommes vos amis et nus voulons que vous fassiez ce qu’il y a de plus sage pour vous : apprenez les coutumes et le mode de vie de l’homme blanc »

Des milliers d’immigrants contournent les terres Lakota en empreintant les voies de chemin de fer, et les compagnies ferroviaires lancent des grandes campagnes de réclames pour vendre les terres bordant les voies du chemin de fer !

On rebâti sur ces plaines des villes européennes toutes entières ! et la principale source de nourriture des indiens est anéantie… Les passagers  prennent les trains de l’Ouest uniquement pour abattre des bisons dont la langue est très prisée dans les restaurants de la cote Ouest. William Cody touche 500 dollars par mois pour fournir la viande de bison aux cheminots. Philipe Sheridan, le commandant de l’armée de l’Ouest écrit : « laissez les tuer, dépouiller et vendre jusqu’au dernier bison car c’est le seul moyen d’avoir une paix durable et pour permettre à la civilisation d’avancer »

La tache de l’armée de Sheridan consiste à contrôler les tribus indiennes de plus en plus agitées à mesure que le chemin de fer fait venir des immigrants.

En 1867 Sheridan envoie Custer au Kansas, avec pour mission de défendre les cheminots des indiens. Custer est un ardent partisan des droits des US à coloniser l’Ouest de leur territoire et est convaincu que l’armée est l’avant garde d’un  inéluctable destin : «  Vers l’Ouest l’étoile du berger poursuit sa course, un flot d’innombrable immigrants traversent les fleuves du Mississipi et du Missouri, établissant leur foyer dans les territoires riches et fertiles qu’ils étendent au delà. Chaque année cette marée avance vers le soleil couchant, repoussant plus loin les limites de la civilisation » G.A.Custer

La campagne contre les indiens du Kansas, la première à être couverte par la presse nationale. Pendant que l’armée tente vainement de repousser les Cheyennes, les journalistes se délectent des aventures d’un jeune officier portant le nom de Custer, cheveux longs et veste en daim. Dès qu’ils ont rien à se mettre sous la dent, celui-ci leur fourni des papiers tout prêts dédies à la glorification de sa personne et signé sous le pseudonyme de « Nomade ».

Charles Windolph est alors simple soldat d’infanterie au régiment de Custer : témoignage de sa fille : « mon père disait toujours que Custer était un des hommes  les plus méchant, arrogant qu’il ait rencontré, il disait qu’il y en avait que pour lui et pour les merveilles qu’il était sensé accomplir ; Il se moquait de ses hommes, il se fichait même qu’ils n’aient rien à manger. Il se contentait de chevaucher en tête de son armée, ses cheveux blonds flattant dans le vent ; voilà ce que mon père racontait »

5000 soldats recrutés parmi les immigrants et les pauvres en quête d’emploi sont envoyés dans l’Ouest avec un équipement réduit, voire même inexistant, nombreux d’entre eux ne sont jamais montés à cheval et sont au mieux de piètres tireurs ; Il s vivent une existence minable et doivent avaler une nourriture infecte, les rations datent parfois de la guerre de sécession. Beaucoup se réfugient dans l’alcoolisme et beaucoup désertent. Le taux de suicide avoisine les 10%.

« mon cher père, j’imagine que vous et mère seraient passablement étonnées d’apprendre que je ne suis pas allé à la messe depuis 3 ans. J’ai peur de devenir un mauvais catholique, mais quand on sillonne sans arrêt le pays d’un bout à l’autre, on ne prête plus guère à la religion. Certains des cas les plus difficiles qu’il m’ait été donné de rencontrer, servent à présent dans cette compagnie et j’en fais parie, tant que je ne me mets pas à boire et que je ne cause aucun problème, je suis ce qu’on appelle un bon soldat »

Fin mai 1868, Custer attaque un village Cheyenne, sur les bord de la rivière Wachita. Scindant ses troupes en plusieurs groupes, il lance son assaut à l’aube. Plus d’une centaine de personnes sont tuées, des femmes et des enfants. Wachita assoit la réputation de Custer, le chasseur d’indiens, mais soulève aussi les questions quant à la pratique employée par l’armée.

P. Hulton, historien : «  il y avait un consensus total sur le but a atteindre à savoir déposséder les indiens de leurs biens et les convertir à la civilisation chrétienne de l’homme blanc. Mais il n’y en avait absolument aucun quant à obtenir cette grande conversion. L’armée voulait employer la force, mais les humanistes comme la plupart de la population américaine pensaient qu’il y avait un meilleur moyen »

La solution prônée par le gouvernement consiste à confiner tous les indiens dans les réserves. Dès lors, ils deviennent totalement dépendants des agents du gouvernement qui sont totalement indifférents ou corrompus ;

« ces pauvres indiens meurent de faim, nous les tuons s’ils essaient de chasser et s’ils restent dans la réserve, ils meurent de faim. Mais le congrès ne prend aucune mesure et rien n’est fait. J’aimerais que le congrès soit mis en accusation »  Gle William Tecumseh Sherman.



Article ajouté le 2007-10-29 , consulté 44 fois

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