LITTLE BIG HORN (Partie 6)

Deux Lunes filmé sur les lieux de Little Big BHorn 1923
Ted Rising Sun, Cheyenne : « mon grand père qui avait 15 ans à l'époque, à assisté à la scène ; cela lui faisait penser à une nuée de pies tournoyant sans cesse autour d'une colline »
Les soldats terrifiés se replient vers la position de Custer, les indiens racontent qu'ils les ont pourchassés comme des bisons. Au sommet de la dernière colline, une quinzaine de soldats est massacrée par une pluie de flèches, incapables de tenir debout, ils ne tirent pas un seul coup de fusil. « les guerriers qui se sont approchés d'eux en rampant ont crié que tous les hommes blancs étaient morts, nous nous sommes alors tous levés et précipités en avant »
La bataille s'achève presque aussi vite qu'elle avait commencée. Custer et ses 210 hommes sous son commandement sont morts ou agonisants
A
Charles Windolph : « le soleil descendit ce soir là sur l'horizon comme une boule de feu, bientôt le crépuscule du Montana se mit à tomber sur nous et avec lui le froid des hauttes plaines ; Nous nous sentions terriblement seuls, au sommet d'une dangereuse colline. Près de la rivière et plus bas encore, du coté de la vallée, nous pouvions distinguer des grands feux ainsi que les battements réguliers des tam-tams indiens accompagnant les danses de victoire ; Et Custer ? qu'était-il advenu de lui ? pourquoi nous avait-il abandonné ? »
« il n'y eut ni danse, ni fête ce soir là, dans nos camps. Trop s de femmes Sioux et Cheyennes s'étaient lacérés les bras et les jambes en signe de chagrin »
Le lendemain, les survivants découvrent ce qu'il reste des troupes de Custer. Un des officiers regardants les cadavres nus, éparpillés à flanc de colline s'exclame « qu'ils sont pâles ! qu'ils sont pâles ! » Le Capitaine Benteen qualifie l'expédition de déroute, de pure panique
Après deux jours par 35°, les cadavres putréfiés, dégagent une odeur pestilentielle ; Ch. Windolph reçoit l'ordre de les enterrer . (sa fille I. F) : « il devait mettre tous ses amis dans les tombes, ç a été le moment le plus horrible et il disait : quand nous sommes partis, il ne restait rien d'autre que des sépultures- je crois qu'ils ne mettaient même pas de pierre tombale à l'époque, n'est-ce as ! c'était un champ de bataille, on les enterrait où ils tombaient si on pouvait ! »
Par peur d'un retour des indiens, les fossoyeurs battent rapidement en retraite. Il ne reste plus que quelques billets de banque, la solde des soldats tombés au combat, tournoyant dans la bise.
La nouvelle du désastre se répand très vite aux quatre coins du pays. Les journaux transforment cette humiliante défaite en un combat héroïque, un véritable martyre. Des journalistes qui ne se sont jamais approchés à moins de 1500km de little Big Horn, chantent en chœur l'épopée de Custer, et ils font de Sitting Bull l'artisan de la chute du Gle, expliquant qu'il a appris l'art de la guerre napoléonienne auprès de Jésuites Français et qu'il n'était pas indien mais un traite blanc expulsé de l'académie militaire de West Point.
A l'unisson, l'Amérique crie vengeance ! Le Chicago Tribune écrit « il est grand temps d'en finir avec cette politique de conversion religieuse mollassonne et d'exterminer tout indien qui refuse de venir dans la réserve »
L'armée mobilise l'ensemble de ses forces dans l'Ouest pour affronter les Sioux et Cheyennes, leur cri de bataille est « que le premier scalp soit pour Custer ! »
Durant tout l'hiver suivant, l'armée chasse toutes les tribus éparpillées.. P ar des températures inférieures à 0°, les tuniques bleues incendies villages et réserves ! et les tribus fuient devant elle dans la neige.
« avant de prendre le chemins des collines, ils ont vu disparaître leur camp, les tipis en flammes. Ils ont entendu les chevaux qu'on égorgeaient, ils avaient perdu toutes les provisions de l'été et se retrouvaient dans la montagne sans rien a manger. L'essentiel de leur équipement d'hiver, tout était resté au camp et brûlé »
L'arme chasse le peuple de Sitting Bull vers le nord, lui coupant toute retraite en direction des troupes de Cheval Fou. La femme de celui-ci souffre de tuberculose et son peuple est affamé et aux abois.
« où que nous allions, ils venaient nous tuer ; Cheval Fou n'était presque plus jamais au camp, on le voyait toujours dehors, dans le froid. Une fois mon père le vit seul et Cheval Fou lui dit : ici, les esprits me viendront peut-être en aide, je dresse des plans pour le bien du peuple » Elan Noir
L'une après l'autre, les tribus se rendent.
Au lendemain du passage de Sitting Bull au Canada, Cheval Fou conduit 300 familles à l'agence de Nuage Rouge pour se rendre. Craignant des troubles, l'armée finit par l'emprisonner ; Tandis qu'il cherche à s'évader, un garde le poignarde avec sa baïonnette. Cheval Fou s'éteint dans la nuit ;
J. Holy Rock : « au fil des ans certains ont cherché sa sépulture, personne ne l'a trouvée. Des gens sont venus chez mon père, je n'étais qu'un jeune garçon, ils lui ont dit que certains s'étaient enfuis avec sa dépouille et l'avaient enterrée. Ils avaient prêté serment sur leur propre sang de ne jamais révéler où ils l'avaient inhumé, sous peine de mort, et personne n'a jamais parlé »
Nombreux de ceux qui ont combattus aux cotés de Cheval Fou ont survécus et racontent leur histoire. Mais ce sont les blancs qui ont écrit l'histoire avec un grand H ! La bataille du Little Big Horn devient très vite la bataille de Custer. En quelques mois, elle donna pas moins de 4 pièces de théâtres à Broadway. Une affiche de 4m sur 10 montrant Custer entouré par des centaines d'indiens peints avec des boucliers zoulous et des cheveux de Mohawk est imprimée pour le compte de
« cher Monsieur Cody, je vous sais gré de faire tout pour garder vivant le souvenir de mon époux. Vous avez tout fait pour faire de lui un symbole pour les enfants et la jeunesse. Sincères salutations. Elisabeth Custer »
Elisabeth Custer survivra 57 ans à son mari, sans le sous en 1876, après les investissements peux judicieux de celui-ci. Elle rédige Trois best-sellers sur la fin glorieuse de son époux, qui assureront la pérennité de son mythe, et quand elle s'éteint en 1933, elle a assouvit tous les phantasmes des New-yorkais sur son mari. Elle habite sur Park Avenue et est à la tête d'une fortune estimée à 100 mille dollars.
Elle a vécue assez longtemps pour voir sur pellicule la mort de son mari des centaines de fois « l'Héroïque » fin de Custer pour marquer l'imaginaire des américains.
Aujourd'hui encore ils se souviennent « Cheval Fou, soit courageux, le peuple dépend toujours de toi, tu n'as qu'une vie à vivre »


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