OURS DEBOUT
Je vais me risquer à dire que l'homme qui s'asseyait sur le sol
dans son tipi, méditant sur la vie et son sens, acceptant l'a parenté
de toutes les créatures et reconnaissant son unité avec l'univers
des choses, insufflait en lui la véritable essence
de la civilisation. Et lorsque le natif abandonna
cette forme de développement, son humanisation fut retardée dans sa croissance.
II savait que le coeur de l'homme, lorsqu'il se détourne de la nature, durcit.
L'Indien d'Amérique appartient à la terre, qu'il vienne de
la région des forêts, des plaines, des pueblos ou des mesas.
II fait partie du paysage car la main qui a façonné le continent est
aussi celle qui a façonné l'homme. Autrefois, il grandissait
aussi naturellement que les tournesols sauvages ;
il est d'ici tout comme le bison était d'ici...
L'INDIEN AIMAIT ADORER DIEU. DE SA NAISSANCE À SA MORT,
IL VÉNÉRAIT LE MONDE QUI L'ENTOURAIT.
IL CONSIDÉRAIT QU'IL ÉTAIT NÉ DANS LE SOMPTUEUX
GIRON DE
AUCUN LIEU N'ÉTAIT HUMBLE.
IL N'Y AVAIT PAS D'INTERMÉDIAIRE ENTRE LUI ET LE GRAND
SAINT. LE CONTACT ÉTAIT IMMÉDIAT ET FERSONNEL
ET LES BÉNÉDICTIONS DE WAKAN TANKA
SE RÉPANDAIENT SUR L'INDIEN COMME
Les vieux Indiens venaient véritablement pour adorer la terre.
Ils s'asseyaient ou s'allongeaient sur le sol avec le sentiment d'être
proches d'une puissance maternelle. Il était bon pour la peau de
toucher la terre et les plus âgés aimaient enlever leurs mocassins
et marcher pieds nus sur la terre sacrée. Leurs tipis étaient construits
à même la terre et leurs autels faits de terre. Les oiseaux qui volaient
dans le ciel y trouvaient le repos et elle était la place finale et éternelle
de toute chose vivante. Le sol était réconfort, force nouvelle, purification
et guérison. C'est pourquoi le vieil Indien continue de s'asseoir sur
la terre plutôt que de s'élever loin de sa force vivifiante.
Etre assis ou allongé sur le sol lui permet de penser plus
profondément et de sentir plus intensément.
La conversation ne s'engageait jamais inopinément, ni dans
l'empressement. Personne n'était pressé de poser une question,
et personne n'était tenu de donner rapidement une réponse.
Avant d'engager ou de tenir une conversation, la véritable courtoisie
consistait à accorder une pause destinée à la réflexion.
Le silence avait une signification pour Lakota. Il accordait un moment
de silence à l'orateur et à lui-même avant de prendre la parole,
dans le respect de la véritable politesse et de la règle selon laquelle
« la pensée précède la parole. »
Nous commencions par apprendre aux enfants à rester calmes et à
aimer leur immobilité. Nous leur apprenions ensuite à utiliser
leur odorat, à regarder là où il n'y a prétendument rien à voir
et à écouter attentivement le silence apparent. Un enfant qui ne sait
pas rester calme est un enfant à moitié développé.
Ma main n'a pas la même couleur que la tienne , mais si je La transperce,
cela me fera mal. Le sang qui coulera de ma main sera de la même couleur
que ton sang. Nous sommes tous deux enfants du Grand Esprit.
OURS DEBOUT (1868·1939), Chef Sioux Oglala


Commentaires