CHEF SEATTLE (texte 4)
“Il fut un temps où notre peuple couvrait la terre comme les vagues d'une mer agitée par le vent recouvrent son fond pavé de coquillages.
Mais cette époque a pris fin depuis longtemps avec la grandeur des tribus, dont nous ne gardons plus aujourd'hui qu'un poignant souvenir [...]
Chaque parcelle de ce pays est sacrée dans l'esprit de mon peuple [...] La terre épouse plus amoureusement nos pas que les vôtres parce qu'elle est riche de la poussière de nos ancêtres [...]
Quand le dernier homme rouge aura disparu de la surface de cette Terre, et que le souvenir des miens sera devenu un mythe parmi les hommes blancs, ces rivages grouilleront des morts invisibles de ma tribu, et lorsque les enfants de vos enfants se croiront seuls, dans les champs, dans les magasins, dans les boutiques, sur les routes ou dans le silence des bois impénétrables, ils ne le seront pas [...]
La nuit, quand les rues de vos villes et de vos villages seront silencieuses et que vous les croirez désertes, elles seront remplies par la foule des revenants qui occupaient autrefois cette belle contrée et continuent de l'aimer ..
L'homme blanc ne sera jamais seul... Qu'il soit juste, et qu'il traite mon peuple avec égards, car les morts ne sont pas dénués de pouvoir. Les morts, ai je dit ? Il n'y a pas de mort. Seulement un changement de monde.”
CHEF SEALTH (SEATTLE), 1855


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