OHIYESA (texte 2)
Chaque joli caillou m'était précieux, et chaque arbre qui grandissait était un objet de vénération.
HOMMAGE A
Quand, au cours de la chasse quotidienne, la splendeur ou la beauté sublime d'une scène surprend le chasseur indien, sous la forme d'un arc irisé dans le ciel orageux de la montagne, d'une cascade immaculée au coeur d'une gorge verdoyante, d'un coucher de soleil rougeoyant dans une immense prairie, il s'arrête un instant dans une attitude d'adoration.
Il Se lève à la pointe du jour, chausse ses mocassins et descend au bord de l'eau. Là, il s'asperge le visage d'eau claire et fraiche ou il y plonge entièrement. Après le bain, il se tient debout, immobile devant l'aube qui s'avance, face au soleil qui danse sur l'horizon, avec en offrande sa muette oraison. Un autre le précédera ou le suivra mais jamais ne l'accompagnera. Car chaque âme doit rencontrer le soleil du matin, la douceur de la terre nouvelle et le Grand Silence seule.
Nous croyons que l'amour des biens terrestres est une faiblesse qu'il faut surmonter. Il attire notre côté matérialiste et s'il trouve une place dans notre vie, il finira par troubler notre équilibre spirituel. Pour cette raison, les enfants doivent apprendre très tôt la beauté de la générosité. On leur enseigne de donner ce qu'ils prisent le plus pour qu'ils puissent goûter au bonheur de donner.
Quand j’étais enfant, je savais comment donner; mais j'ai perdu cette grâce depuis que je suis devenu civilisé.
OHIYESA (D' Charles Eastman), Sioux Santee


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